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24/08/2021 12:08

Club des 600. Sébastien Rohat : « J’en ai encore sous le pied »

Dans l’histoire du championnat de France élite de hockey sur glace, ils sont six joueurs à totaliser 600 matches ou plus toutes phases confondues. Cet été, nous sommes partis à leur rencontre, avec des interviews qui ont été publiées chaque mardi. Après Anthony Mortas, Marc-André Thinel, Gary Lévêque, Damien Raux et Christophe Tartari, place au joueur le plus capé de la Synerglace Ligue Magnus avec 658 rencontres : Sébastien Rohat. Le joueur de 36, qui a connu 3 clubs, se dit prêt Sébastien Rohat a disputé 658 rencontres au niveau élite avec Briançon, Gap et Grenoble.

Crédit photo : Fabien Baldino


Avec 658 matches, vous êtes le joueur qui possède le record de matches joués en Synerglace Ligue Magnus, toutes phases confondues. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Cela fait toujours quelque chose de savoir qu’on a le plus de matchs en Ligue Magnus, mais je suis juste content de pouvoir vivre de ma passion. Puis même si j’ai 36 ans, de savoir que je vais encore jouer deux ans, c’est juste du bonheur. 

Vous êtes suivi de près par votre ex-coéquipier Christophe Tartari, qui affiche 5 matches de moins, est-ce un objectif de conserver la 1ère place ? Un duel à distance ?

On en riait un peu quand j’étais à Grenoble et qu’on jouait ensemble. Dès qu’il y en avait un qui loupait un match, on se disait « ah attention je te rattrape, je vais te passer devant » (rires). Mais il n’y a pas de course entre nous, cela se fera naturellement. On veut juste simplement profiter des dernières années qui nous restent. Avec Christophe, on fait partie des joueurs vieillissants du championnat. On sait qu’il nous reste que très peu d’années de hochey à jouer, donc on essaye juste d’en profiter un maximum. Surtout qu’on ne sait pas si la saison sera encore dérangée comme celle de l’année dernière. On espère juste avoir des saisons normales pour pouvoir profiter et aspirer à jouer des playoffs en fin de saison.

Est-ce que le jeune joueur qui a débuté à 18 ans à Briançon aurait imaginé une telle carrière ?

Non, c’est vrai que lorsque l’on commence on ne pense pas à tout ça. Les années se sont enchaînées, au début je ne pensais pas faire une carrière aussi longue. J’ai eu la chance d’avoir été très peu embêté par les blessures, je pense que c’est ce qui m’a aidé à jouer autant de matchs. Je n’ai été blessé qu’une seule fois, je n’ai eu qu’une seule grosse blessure en 2010 lorsque je me suis fracturé les ligaments croisés. Sinon j’ai eu la chance à chaque fois de jouer des saisons complètes et d’avoir été dans des équipes compétitives depuis le début de ma carrière. Cela m’a aidé aussi à jouer énormément de matchs durant les playoffs. Un secret pour durer aussi longtemps, pour ne pas avoir autant de blessures ? Avoir une bonne hygiène de vie, manger correctement, faire attention à l’alcool, les sorties, etc. Il faut profiter mais surtout se préparer correctement. À chaque intersaison, je me suis toujours préparé sérieusement, j’ai toujours préparé mon corps à endurer de gros efforts physiques. Je pense que la recette a été payante, puisque quand on voit le résultat maintenant je n’ai eu qu’une blessure musculaire. C’est ce qui a fait que j’ai pu comptabiliser autant de matchs jusqu’à présent.

Sébastien Rohat sous le maillot grenoblois

Pouvez-vous nous expliquer d’où vient votre surnom « Speedy » ?

C’est un de mes entraîneurs qui m’avait donné ce surnom quand j’étais en poussin à l’époque, en U13 maintenant. Je patinais plus vite que tout le monde, on m’a appelé une fois comme ça et ensuite c’est resté. Ça a traversé les années même en changeant d’équipe au fil des années, et maintenant tout le monde me surnomme « Speedy » qu’il s’agisse des entraîneurs, les joueurs, la presse, etc.

S’il ne devait en rester qu’un, quel serait le meilleur souvenir de votre carrière ?

Un seul c’est dur, mais personnellement la chose qui m’a le plus marqué c’est la première finale de Coupe de France que j’ai jouée avec les Diables Rouges de Briançon face aux Dragons de Rouen en 2004/2005. J’avais 20 ans, c’était à Méribel à cette époque, j’étais impressionné. Je me souviens j’avais eu une boule au ventre, même si on a perdu la finale (défaite 4-3). C’était incroyable cette sensation avant de rentrer sur la patinoire quand tout le monde était dans les tribunes, avec ce grand mur de supporters. C’était vraiment impressionnant en tant que jeune joueur de vivre un moment comme celui-ci.

À l’inverse, quel moment auriez-vous voulu éviter de vivre lors de ces 18 saisons ?

J’aurais bien évidemment aimé éviter ma blessure. On ne sait jamais comment la suite va se dérouler. Est-ce qu’on va être capable de récupérer à 100% ? Est-ce qu’on va pouvoir retrouver ses capacités ? Je m’étais fracturé les ligaments croisés, plus le ligament interne et le ménisque. Ce n’était pas un moment très agréable, il y avait beaucoup d’incertitudes à ce moment-là. Le chirurgien n’était pas très optimiste vu l’état de mon genou après la blessure, mais finalement je me suis bien rétabli, j’ai pu reprendre, rejouer normalement et poursuivre ma carrière correctement.

Sous le maillot de Briançon

Un entraîneur vous-a-t-il particulièrement marqué ou apporté durant votre carrière ?

Des entraîneurs je n’en ai pas eu beaucoup, j’en ai eu trois jusqu’à présent. À Briançon, j’ai été entraîné lors de mes débuts par Juha Jokiharju, puis Luciano Basile pendant plusieurs années, et enfin Edo Terglav à Grenoble. Luciano Basile restera en effet quelqu’un qui m’a marqué, puisque c’est le coach que j’ai eu pendant plus de la moitié de ma carrière. Il a su me montrer mes forces et mes faiblesses, me montrer quel type de joueur j’étais et quel type de joueur je devais devenir. C’est grâce à lui si aujourd’hui je suis compétent dans mon rôle.

Après cinq saisons passées à Grenoble, vous venez de revenir à Gap. Quels sont vos objectifs personnels pour cette 19ème saison en perspective ?

Je vais continuer dans le rôle que j’ai eu tout au long de ma carrière, poursuivre ce que je fais, c’est-à-dire pousser les jeunes, les aider. À 36 ans je suis encore très compétiteur, j’en ai encore sous le pied. L’objectif à Gap est de faire la meilleure saison possible. Même si on n’a pas le plus gros budget et la plus grosse équipe du championnat, notre défi sera d’aller titiller les grosses cylindrées, de montrer qu’on est présent et qu’il faudra compter sur nous cette année.

Comment la Ligue Magnus a-t-elle évolué depuis vos débuts en 2003 ?

Depuis 2003, il y a eu beaucoup de changements, que ça soit en termes de mentalités, des entraîneurs, la ligue. Aujourd’hui, le niveau de la Ligue Magnus s’est considérablement élevé, le niveau de jeu est plus rapide. Quand j’ai commencé les équipes jouaient à trois lignes voir deux lignes et demie. Les gros joueurs jouaient tous les rôles, notamment le cinq contre cinq, le powerplay, les infériorités. Puis petit à petit les équipes se sont ajustées et ont commencé à jouer à quatre lignes, à l’image de Grenoble et Briançon qui ont lancé la tendance. Ensuite, des joueurs de rôle se sont dessinés avec des joueurs de troisième et quatrième ligne pour tuer les pénalités et des joueurs de première et deuxième ligne plus offensifs. La ligue s’est tout simplement plus professionnalisée. Ce qu’on fait maintenant en France se faisait déjà dans les grandes ligues il y a 10-15 ans, que ça soit en Finlande, en Suède, en Suisse, en Norvège ou encore au Canada. Avant les entraîneurs construisaient leur équipe en prenant d’abord les joueurs étrangers, puis complétaient par des Français. Maintenant la qualité des joueurs du pays s’est nettement améliorée, l’Equipe de France est plus compétitive dans les compétitions internationales. Mais aussi, on voit davantage de joueurs s’exporter en NHL ou dans d’autres grosses ligues, on s’intéresse de plus en plus à la qualité des joueurs et on s’implique également dans la formation. Il y a des jeunes qui arrivent à performer dans les équipes en Ligue Magnus, à sortir leur épingle du jeu, alors qu’auparavant un certain nombre de joueurs arrivaient en junior et avaient du mal à passer le pas.

Dans quelle patinoire avez-vous préféré évoluer durant votre carrière et pourquoi ?

C’est vrai qu’il y a des patinoires où on n’a pas envie d’aller jouer parce qu’on sait qu’il n’y aura pas de public (rires). Mais sinon je me souviens d’Epinal l’année où on avait été champion avec Gap, l’ambiance était folle. C’est également très plaisant d’aller jouer à Rouen, où il y a une très bonne ambiance. On sait que les matchs face à l’équipe rouennaise sont toujours des rencontres très accrochées, de haut niveau. Il y a plein de publics différents en Ligue Magnus, certains sont plus festifs et bruyants que d’autres.


Sébastien Rohat en bref

  • Né le 18 février 1985
  • Français
  • Centre
  • Clubs en France : Briançon (2003-2014), Gap (2014-2016), Grenoble (2016-2021), Gap (2021 à aujourd’hui)
  • Nombre de matches en Synerglace Ligue Magnus : 658 (507 en saison régulière et 151 en playoffs), pour un total de 247 points inscrits dont 83 buts
  • Palmarès : 3 Coupes Magnus (Briançon 2014, Gap 2015 et Grenoble 2019), 3 Coupes de France (Briançon 2010 et 2013, Grenoble 2017), 2 Coupes de la Ligue Magnus (Briançon 2012 et Gap 2016)

 


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